Irregulier

C’est la rentrée de l’info à la radio

radioi

Oh oui c’est la rentrée. Et ça fait beaucoup, beaucoup de bien. Non pas que l’oisiveté estivale me soit de quelque manière préjudiciable ; c’est juste qu’à force de ne plus être en contact avec le monde, mes phrases deviennent de plus en plus longues. Paraît-il.

Le petit café contre les amphèt's.

Le petit café contre les amphèt's. Ou avec ?

Chaque année, je dois me résoudre à renouer avec le stress des cours, le plaisir d’un célibat chéri et la pression des acclamations sincères (et néanmoins quotidiennes) de mes congénères de moins de six ans. Depuis deux ans, ce retour à la sauvagerie de la popularité universitaire s’accompagne d’un plaisir égoïste que je vous cache depuis deux paragraphes alors que le titre a déjà vendu la mèche. Et oui, mon plaisir à moi, ce n’est pas la collection de photos volées d’éphèbes apprenants ou la consommation de « production personnelle » de Josés Bovés colombiens mais l’écoute des vieux cons qui font de la radio ce qu’elle est ; en somme une chose formidable.

Pour cette rentrée, malgré toutes les nominations à la tête de Radio France et embauches du côté des radios privées, les grilles restent très classiques et ma petite sélection de podcasts informatifs n’a presque pas bougée. Parce que toute prétention à part, j’écoute surtout la radio pour rire et m’informer sans m’endormir. Ce qui proscrit tout contact avec Rire & Chansons et France Info et par la même nous amène France Inter et Europe 1.

Une radio de gauche, une de droite. Gardons l’équilibre disent-il. Deux radios, mais surtout deux matinales : celle de Nicolas Demorand qui réveille en douceur avec un café et celle de Marc-Olivier Fogiel qui vous colle sous amphétamines en vous rappelant que vous êtes en retard au travail. En clair, deux styles complémentaires qui ravissent les boulimiques d’info. Uniquement en semaine d’ailleurs, la radio est faite pour être éteinte le week end.

Je suis sûrement le premier auditeur de France Inter et j’avoue n’attaquer Europe 1 qu’aujourd’hui. Donc ne vous inquiétez pas pour un quelconque déséquilibre. Aussi flagrant soit-il,  il est assumé. Merci.

Du côté de l’information

L’invité d’Inter (8h20 sur France Inter) : 10 minutes de questions à un politique, associatif, spécialiste ou responsable sur le sujet du moment. Intéressant pour ses informations et sa facilité de compréhension : pas de langage abstrait, pas de questions pièges. Le but est d’apprendre. >> Le podcast.

Complément sympathique, 10 autres minutes à 8h40, Inter-activ’, où l’invité n’est plus pressé par Nicolas Demorand mais les auditeurs. Bien plus dispensable, vu que les questions sont souvent posées par des gens indignées par la fonte des glaces ou le matraquage médiatique des ours polaires d’Australie, enfin… Si ça vous amuse. >> Le podcast.

Le 7h40 (7h40, oui, sur Europe 1) : 7 minutes de questions à un invité politique, responsable, (…) par le plus énervant des présentateur TV après Nikos : Marc-Olivier Fogiel. Ses interviews directives, voire agressives passaient mal avec les invités que lui réservait la télé ; en radio c’est tout l’inverse, Marco est un interviewer né.

Pas une seconde de perdue, des questions pertinentes qui font mal et d’infortunés invités politiques bousculés pour notre plus grand sadisme. Il a pourtant le défaut de sa qualité : il est rapide, précis mais l’interview ne rimera strictement à rien pour les néophytes du sujet abordé. D’autant plus que dès le matin, un esprit mal réveillé manquera trois questions en un bâillement. >> Le podcast.

La revue de presse (8h30 sur France Inter) : Encore un format 10 minutes qui reprend les titres de la presse du jour et tisse sa toile pour reconstituer ce qui se passe dans le monde et surtout se pense dans les journaux. Même si indigeste quotidiennement, il permet de faire son choix dans la presse et peut-être acheter autre chose que Le Monde. Peut-être. >> Le podcast.

L’édito politique (7h45 environ sur France Inter) : Thomas Legrand, qui aime interrompre les gens sur iTélé a pour lui chaque matin 5 minutes pour nous dire ce qu’il pense de la politique du moment. De bonnes analyses, un ton parfois grinçant tout en restant dans une posture de fausse naïveté. Tout ce qu’on demande à un éditorial en somme. >> Le podcast.

Comme on nous parle (9h35 sur France Inter) : 25 minutes de décortiquage des médias par la présentatrice la plus cool de France. Ca change agréablement du « J’ai mes sources » de Colombe Schneck, partie sur iTélé continuer ses analyses médiatico-sociétales, que j’aimais pourtant bien. Enfin…

Donc Pascale Clark, une voix au début énervante puis prenante, qui n’hésite pas à se moquer du travail ou de la coupe de ses invités tout en attaquat leur traitement de l’information. Car cette émission se recentre bien plus sur la critique des médias d’info, ce qui en fait une jolie note finale, quoique grinçante, à un 7/10 tout en info. >> Le podcast.

Du côté du rire

Douche froide (7h55 environ sur Europe 1, par Guy Carlier) : Guy Carlier revient ce septembre pour contrer Stéphane Guillon sur un format de 5 minutes. Comme son ami Fogiel, la radio est son format de prédilection. Tous les matins, il sert sa tasse d’animosité et de moquerie parfois mal maîtrisée. Il faut que ça fasse mal, quitte à souvent taper sous la ceinture. Un exercice de punching-ball plus méchant que drôle, sans finesse, mais qui suffit à la traditionnelle séance matinale de remise en cause du monde. >> Le podcast.

L’humeur de… (7h55 du lundi au mercredi sur France Inter, par Stéphane Guillon) : L’homme le plus podcasté de France et peut-être le plus malin dans son humour. Du politique, du politique, du média et encore du politique. Pas de grandes blagues, juste une succession de piques, d’idées qui font sourire, voire rire quand il montre nos représentants dans des excès grandiloquents. Il lui arrive aussi de taper très bas sous la ceinture, tout pour son « irrévérence« . >> Le podcast.

A noter que le jeudi et le vendredi, deux de ses collègues prennent sa place, dont le génial Didier Porte. >> Le podcast du jeudi.

Les chroniques du Fou du roi (de 11h à 12h30 sur France Inter, avec Stéphane Bern, oui) : des chroniques de 5 à 10 minutes, plus ou moins drôles dont deux se détachent. La première est celle à 11h10 de Daniel Morin, qui en plus de jouer avec M. Bern, ne se gène pas pour taquiner ses invités et collègues. Rien de dérangeant, juste du très bon humour inoffensif. >> Le podcast de Daniel Morin.

La seconde est celle de Didier Porte, celui qui réunit le plus d’auditeurs entre 12h05 et 12h15, toutes stations confondues. Entre une locution recherchée mais naturelle, un discours faussement bolchévique mais contestataire et un bagout inimitable, il illumine même les midis les plus moroses en pastichant la télé, les politiques et les invités. Merci M. Porte. >> Le podcast de Didier Porte.

Au fait…

Une partie de la matinale d’Inter et d’autres émissions de la station sont disponibles en vidéo sur Dailymotion.

Pour ceux qui préfèrent lire, l’Edito politique et la Revue de presse d’Inter sont disponibles sur leurs pages dédiées.

Merci qui ?

Le 7 septembre 2009 par dans Infomaniac.

Contient des traces de : , , , , , , , , , , , , ,