Des alternatives à Facebook et Twitter respectueuses de votre vie privée
Oui je sais, c’est ma thématique du moment, mais quand j’ai du grain à moudre, je le mous. Donc dans la lignée d’un papier paru ce week end sur PC Inpact (dont je retire quelques noms), voici une petite liste des alternatives libres aux deux géants de la sociabilité et du microblogging, Facebook et Twitter.
Je me limite au nom et à un petit descriptif, ma connexion Internet actuelle m’empêchant (enflure…) de me consacrer à leur test… La vie est très dure avec moi.
Ces logiciels sont soit des CMS à installer sur votre propre hébergement Web, soit des solutions qui forcent l’hébergement des données de votre côté. Le but est de vous laisser un contrôle total sur les contenus que vous affichez.
Vous pouvez faire le parallèle entre la sauvegarde de préférences de Firefox (Weave) qui permet de définir son propre serveur et celle de Chrome qui se limite à ceux de Google.
Pourquoi confier vos données quand vous pouvez les conserver ?
Commençons par le petit moment philosophie : pourquoi vouloir une alternative à ces deux sites ? Parce que la plupart de ces projets sont libres de droits et vous laissent le soin d’héberger vos données, avec donc un contrôle total sur elles sans but lucratif.
Contrairement aux deux mastodontes qui hébergent, définissent les politiques de sécurité et surtout conservent vos données le temps qu’elles souhaitent, même après suppression en cherchant à tout prix leur monétisation.
Aussi, ce sont les symboles de nos peurs actuelles qui sont pourtant les moteurs du web : la centralisation des informations personnelles en cloud (coucou Big Brother) et l’étau de la publicité ciblée, qui grâce à ces infos, se resserre et occupe de plus en plus notre navigation.
L’arrivée de l’analyse des emails par des robots sur Gmail avait choquée mais est restée en l’état, se limitant à l’analyse éphémères du contenu anonyme des messages pour afficher de la publicité. Celle de Facebook ne semble pas choquer grand monde (en proportion du nombre de comptes) alors qu’elle cible nos identités.
A moins d’une réflexion générale (à laquelle on peut toujours rêver… continuez à regarder le foot et restez calmes sinon), elle risque aussi bien de passer comme un Macbook Air à la poste.
Malgré tout cela, vous resterez sur ces deux sites, vos amis y sont. Parce que même si une meilleure solution existe, la marque Facebook reste la plus forte et que d’autres réseaux comme hi5 ou Badoo existent sans atteindre son succès avec de bons moyens financiers. Même si ce problème vient aussi de leurs politiques d’inscriptions sans demande et de mailing complètement malhonnêtes… Mais c’est un autre débat.
Si un jour le grand bien de vouloir utiliser une de ces solutions vous vient, n’ayez pas de grandes ambitions. Tout le monde rêve de créer un site à succès à moindre coût, sans que ça ne marche jamais.
Pour un cercle d’amis défini, pour une entreprise… Pourquoi pas. Il faut prendre ces logiciels comme des forums PhpBB : suffisants pour votre association d’amoureux de chats siamois mais pas pour concurrencer Hardware.fr.
Les alternatives, le scroll est fini
Un outil complet en pleine mutation. L’extension BuddyPress pour WordPress Mu offre beaucoup des possibilités de Facebook (timeline, amis, groupes) sur la base d’une installation WordPress multi-utilisateurs, dotant chaque utilisateur de son « blog ».
Simple et convivial, il est développé par la même entreprise qui s’occupe de WordPress, et va très bientôt connaître une réécriture pour WordPress 3.0, qui fusionne les versions simple et multi-utilisateurs. A vous de choisir entre sécurité et fonctionnalités.
La vision libre du réseautage. Movim est un projet européen, une plateforme sociale libre, décentralisée basée sur des frameworks du même tonneau. L’utilisateur devra installer un « client » sur son serveur web, entrer ses infos et rejoindre le reste de la communauté aussi hébergée sur une multitude d’autres serveurs.
Sûrement la base de futurs beaux projets, il n’est pas encore disponible. Une version alpha devrait bientôt arriver.
Un réseau décentralisé, bientôt disponible. Diaspora a fait parler de lui cette semaine en proposant la possibilité d’un réseau social décentralisé dès cet été, monté par quatre étudiants américains, qui diffuseront leur produit sous licence libre (aGPL).
Il joue la carte de la peur de Facebook et de sa gestion calamiteuse de la vie privée en proposant de ne pas héberger les données mais de laisser cette tâche à l’utilisateur. Les profils communiquent ensuite en P2P. Ils ont d’ailleurs lancé un appel à fonds pour 10 000 dollars… Ils en sont à 150 000 avec deux semaines restantes. Vivement l’été.
Le fil d’activités. 6d ne se la joue pas tellement Facebook-killer mais plus « fil de vie » (lifestream en post-Shakespearien). Si vous utilisez les réseaux sociaux avant tout comme fil d’actualités personnelles, 6d vous propose d’héberger vos données et d’afficher sur une page tout ce que vous souhaitez, comme sur un blog, en un format beaucoup plus libre.
Toutes ces données sont partageables avec d’autres possesseurs de sites 6d et, mieux, avec ceux des réseaux fermés comme Facebook. Un site démo est disponible.
Le protocole social décentralisé. NoseRub se présente comme un projet sous licence libre MIT qui propose de créer des réseaux sociaux aux fonctions complètes où chaque utilisateur a le contrôle sur ses données simplement en les stockant sur son propre serveur.
Il se base sur des standards d’authentification sécurisée comme OpenID ou FOAF. Pour les curieux, le site Identoo se présente d’ailleurs comme une démo basée sur OpenID.
L’alternative à Twitter. Status.net permet, comme Twitter, de créer des topics, l’adressage de messages à d’autres utilisateurs et semble-t-il beaucoup d’autres choses. A mon sens, sa meilleure utilisation est en tant que brique « discussion » dans un site plus large. Il est utilisé par le concurrent officiel à l’oiseau bleu, Identi.ca et des startups comme Mozilla ou Motorola.
Reste à voir si, parmi toutes ces solutions, une arrivera à s’imposer et à agréger l’attention des développeurs. La diversité du libre a du bon mais face à des réseaux aux moyens colossaux, la concentration des efforts pourrait être une clé de succès.
Photo : network cables par Pascal Charest (CC)