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Cutey Honey, la plus sexy des trentenaires

Cutey Honey, la plus sexy des trentenaires

Jamais je n’aurais pensé chanter les louanges d’une série à fort taux de fanservice. Les scènes ecchi, les gros seins et les poses suggestives font partie des nombreuses choses qui m’agacent dans l’animation japonaise. Naruto a beau être un cancer, le quasi-porno constant que sont 80% des séries actuelles me donne des envies de meurtre. Pourtant j’aime Cutie Honey, car en plus d’offrir un fanservice aux petits oignons, l’univers est d’une absurdité sans nom. Le nombre de « Pourquoi ? » sans réponses est effarant, et c’est bien.

Tout a commencé il y a bien longtemps par un extrait du film Cutie Honey (ou Cutey Honey) sur le super blog de Robert Patrick. Une bonne minute d’absurde complet, balancée sans trompette ni explication. De quoi ranger la séquence au milieu de mes innombrables autres favoris Youtube. J’admets ne rien connaître en cinéma asiatique, et encore moins en bizarreries live-action filmées japoniaises. A part les Crows Zero, rien n’a pu m’attirer jusqu’ici. Pourtant cette séquence m’a marqué, à vie.

S’en est suivi il y a quelques mois un ménage de ces favoris et, par la force de la sérendipité de Youtube, le visionnage du film Cutie Honey . Ce film entièrement basé sur un ridicule ultra assumé, des plans serrés sur l’héroïne (des plus plaisantes) et des scènes d’action qui rappellent les meilleurs combats de Gurren Lagann (mais sans mechas) m’a pour sûr marqué. Au point que j’en fasse une honteuse promotion sur Twitter.

Cutie Honey, c’est l’histoire de Honey Kisaragi, une androïde plantureuse, pire employée de bureau du monde. De par sa nature, elle a le pouvoir de se transformer en n’importe quelle personne. Mais c’est sous sa vraie forme qu’elle fait des merveilles : Cutie Honey, guerrière de l’amour. Paie ton personnage épique.

Une héroïne se cache sur cette image (Re: Cutie Honey).

Une héroïne se cache sur cette image (Re: Cutie Honey).

Affublée de sa tenue moulante rose à coeurs, elle combat l’organisation maléfique Panther Claw, toute dédiée à satisfaire les moindres désirs de sa maîtresse, Sister Jill, surtout si cela implique de s’en prendre à des innocents. L’héroïne est aidée par une policière téméraire (à vrai dire la seule compétente de Tokyo) et un journaliste à veste bleue des plus mystérieux. Une sorte de Superwoman adolescente robotique qui ne pouvait naître qu’au Japon.

Cutie Honey est une œuvre relativement perverse, de par les mensurations de la demoiselle (et des actrices qui l’incarnent) et le nombre de situations où ses vêtements disparaissent (magiquement ou non). Le tout est enrobé dans un monde presque Sentai, où elle affronte des hordes d’ennemis qui disparaissent quand ils meurent. En clair du fan service à ne plus savoir qu’en faire.

Mais elle est vieille, en fait

Puis, il y a quelques jours, un petit tour sur Wikipédia m’apporte un éclairage nouveau sur mon héroïne favorite. Je découvre que la demoiselle cache bien son âge et surtout son statut : Cutie Honey serait la toute première magical girl, avant toutes les Sailor Moon, Sakura et autres ersatz prudes.

Née dans un manga (en deux volumes) de Go Nagai en 1973, la jeune androïde a été adaptée en série animée la même année (arrivée en France en 1988 sous le nom de Cherry Miel).

L’univers s’est largement étoffé par la suite, notamment par huit OAV et une série dans les années 90. Comme la première série, ils ont été réalisés par Tôei Animation, responsables entretemps d’une certaine Sailor Moon, abandonnant le caractère androïde de l’héroïne et la perversion (au grand dam des fans).

La franchise a ensuite été reprise en 2004 et 2007 par mon studio favori, la Gainax, avant qu’en soit fait un drama (2007). Rien que ça.

Eriko Satô, une grande actrice

Eriko Satô, une grande actrice (film Cutie Honey).

Si vous savez lire, vous avez compris que le film de 2004 qui m’a fait découvrir la miss est bien une œuvre de la Gainax. Mieux encore, il a été réalisé par mon dieu à moi : Hideaki Anno, fondateur du studio et père d’Evangelion. D’où les similitudes dans les combats avec Gurren Lagann (sorti en 2007), qu’on retrouve dans les films Rebuild of Evangelion (sortis en 2007 et 2009).

POURQUOI LE SEGWAY ?!

POURQUOI LE SEGWAY ?! (film Cutie Honey)

Eriko Satô, qui incarne l’androïde, joue parfaitement le rôle de la fille tête-en-l’air douée de quelques éclairs d’intelligence qui lui permettent de se foutre de la figure de ses ridicules ennemis pendant les combats. Son rire restera d’ailleurs gravé dans nos mémoires. Pour les fans d’Anno, le monsieur apparaît d’ailleurs à l’écran dans le rôle du patron acariâtre d’Honey, tout comme le père de l’univers, Go Nagai, qui fait un peu de figuration.

C’est une adaptation pure et dure d’un animé : il a été réfléchi comme un dessin animé, avec les dialogues, les scènes, les gags, les mouvements et les plans que permet le dessin, libéré des contraintes de la réalité. Une direction qui aide à s’émerveiller devant la bêtise ou l’inventivité de l’équipe sur des choses devenues  classiques dans une production dessinée.

Le gros problème de cette version est le manque de développement des personnages. Même si résumer une (longue) série en un peu plus d’une heure est ardu, les personnages restent un peu trop plats pour qu’on s’y attache. Sauf Black Claw, qui déchire tout.

Re: Cutie Honey, un doit-voir

Re: Cutie Honey, pour votre culture.

Re: Cutie Honey, pour votre culture.

Le film n’est pas le seul à bénéficier de l’esprit Gainax des années 2000 : les trois OAV remake de la série originelle (Re: Cutie Honey) ont été dirigés par Hideaki Anno. Le premier épisode s’est lui payé le luxe d’avoir aux commandes Hiroyuki Imaishi, responsable pour le studio des exceptionnels Fuli Culi (2001), Dead Leaves (2004) et Tengen Toppa Gurren Lagann (2007), en plus d’avoir fait de l’animation clé sur Fullmetal Alchemist et produit des storyboard pour Samurai Champloo.

C’est donc le retour de la perversion en format animé, avec une animation assez simple mais efficace, une absurdité parfois puérile (propre à mister Imaishi) mais toujours drôle et une histoire qui tient largement la route. Les policiers représentés comme des enfants enthousiastes ou les méchants archétypaux ne me contrediront pas. Je ne peux pas statuer sur la fidélité à l’original mais les quelques fans que j’ai lu en sont très satisfaits, malgré que le remake se permette quelques moqueries à l’égard de ses adeptes.

S’il n’y a qu’une série de cette saga à voir, c’est bien Re: Cutie Honey. Même si l’animation n’est pas aussi classe que celle de Tôei, elle apporte une part de chibi et un style enfantin des plus bienvenus. On y retrouve l’ecchi qui faisait déjà des ravages dans Gurren Lagann : sur la base de suggestif sont posés de grandes doses de ridicule, de surfait et de conscience. Les personnages sexy savent qu’ils le sont, l’assument et en jouent. L’animé est souvent mignon, parfois bien plus qu’ecchi (oui, il y a du nu), avec des personnages assez développés pour qu’on s’y attache… Du tout bon sur un peu plus de deux heures. Je vous laisse le soin d’en trouver une version subbée.

Et en images ?


La version de 1973 (Cutie Honey), par Tôei Animation.


La version de 1997 (Cutie Honey Flash), par Tôei Animation (après Sailor Moon).


La version de 2004 (Cutie Honey live action), par Hideaki Anno, avec Eriko Satô dedans.


La version de 2007 (Re: Cutie Honey), par la Gainax. Une édition longue de la séquence d’intro du film de 2004.

A la prochaine Japan Expo, je me cosplay en minion de Panther Claw, pour sûr.

Côté musique, le générique de Re: Cutie Honey est interprété par Koda Kumi, avec un clip qui mérite peu l’attention tellement on sombre dans le vulgaire facile.

Semble-t-il jalouse, Ayumi Lee s’est aussi fendue de sa propre version de la chanson, avec un clip du même accabit…

Le 23 octobre 2010 par dans Horreurs japoniaises.

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