Critique de Dungeon Defenders, que vous oublierez vite
Consumériste, moi ? Après l’acquisition à prix modique d’un superbe Samsung Galaxy S que j’aime, j’ai recommencé à acheter des jeux Android. La plupart sont bien codés, mignons, addictifs avec une ambition somme toute réduite. Puis il y a Dungeon Defenders, à quatre euros, qui m’a laissé très sceptique après trois heures de jeu.
Démo technique de la nouvelle plateforme Nvidia Tegra 2 (avec de l’Unreal Engine dedans), l’application figure en bonne place dans le showcase de jeux optimisés Tegra Zone (une simple surcouche à l’Android Market, inutilité bonjour). Le niveau et les attentes sont élevés. Et pourtant… Les défauts ne manquent pas.
Dungeon Defenders est un mix de RPG et de tower defense médiéval, avec taverne « maison », instances et vagues d’ennemis. Les joueurs doivent, dans un premier temps, construire des défenses (améliorables) pour protéger des cristaux géants de vagues de monstres qui viennent ensuite les détruire (sûrement par jalousie).
Si les défenses ne sont pas suffisantes, le joueur peut lui-même mettre des tatanes aux monstres (usuellement du gobelin). Les quatre classes ordinaires des RPG sont disponibles : tank, magicien, chasseuse et moine, le suivant étant plus difficile que le précédent. Le tout peut se jouer en local, en ligne ou en « LAN », par Wifi j’imagine.
Côté histoire c’est… Autant dire qu’il n’y en a pas.
Gameplay simplifié pour contrôles prise de tête
Les deux gameplays (RPG et tower defense) sont très classiques. La partie RPG comprend les leveling, la récupération de loot (une main verte, jaune ou rouge indiquent l’intérêt de le prendre), la répartition de points de compétences, l’inventaire, du commerce simple et… c’est tout.
Le tower defense est limité à la création de tours (à partir de « mana » looté sur les cadavres), leur réparation et leur amélioration. Bien sûr il faudra veiller à bien les placer, en se laissant un espace pour passer. Il est aisé de bloquer un chemin aux monstres avec une construction dans un escalier. Une pratique très efficace que d’autres tower defenses interdisent.
Les bases posées, passons à la pratique : c’est horrible. Les combats contre les monstres sont erratiques. La « manette tactile » (joystick affiché en bas à gauche de l’écran) laisse peu de place aux déplacements précis. Désactivé, il laisse place à des déplacements typés point’n'click (par tape sur le sol ou monstre) un peu plus pratique. Les combats en guerrier sont eux aussi assez décevants : il suffit de s’approcher d’un groupe de mobs et de cliquer frénétiquement sur le bouton attaque pour les tuer en masse. Je n’ai pas eu le coeur de tester les autres classes…
La très mauvaise gestion des boutons Android n’arrange rien : seul le « Retour » est disponible, et il a des effets non désirés. Parfois il ramène au menu de pause/options (au lieu de sortir d’un sous-menu), souvent il propose de quitter l’application (voir la vignette de l’article). Chaque faux mouvement peut donc coûter cher.
Le jeu en ligne passe par papy Gamespy. Oui vous avez bien lu. Un nombre trop important de jeux Android nous ramène 10 ans en arrière, à l’ère des multijoueurs pourris par un server browser des moins bien foutus. Mon compte retrouvé, je me suis trouvé face à un système opaque. Une tape pour lancer une partie rapide et on se trouve téléporté dans une partie sortie d’on ne sait où. Aléatoire ? Géographie ? Matchmaking ? Aucune idée.
Une fois arrivé en ligne, aucune communication n’a lieu entre les joueurs, la moitié est absente et le jeu plante pendant le changement de niveau. Bien entendu, impossible de connaître le nom du serveur, la liste des scores ou le statut de la partie. Wouhou.
Détail qui a son importance : le mot de passe est tapé en clair et non avec les jolies étoiles habituelles. Bonjour sécurité.
Pas adapté aux portables, du tout
La partie graphique est aussi un désastre sur un écran de 4 pouces (480×800). L’action est peu lisible, les zones de « clic » minuscules (pratique pendant les combats) et la précision des déplacements s’en ressent. Et surtout, surtout, l’interface est tout sauf adaptée. Les fenêtres et boutons se chevauchent, les textes dépassent, la sélection de certains items relève du jeu de patience et il faut s’armer d’une loupe pour lire la plupart des textes (typiquement les descriptifs de compétences, items ou les menus trop fournis).
La gestion de l’inventaire est donc décourageante. Les sous-menus s’enchainent, le clic est difficile, les textes et couleurs se combattent et les réactions sont absconses. Il est impossible de savoir facilement ce qu’on fait, ni où on est, ce qui n’encourage pas à s’en soucier.
Dans l’absolu, ça n’empêche pas le jeu d’être fun : on s’amuse à construire ses petites défenses, essayer de comprendre l’interface et apprécier les combats défoulants. Une fois la phase de construction passée, la frustration laisse donc place à la dopamine.
Le tout semble réellement taillé pour les tablettes. C’est à souligner parce que la fiche sur l’Android Market indique bien que des smartphones « haut de gamme » (Galaxy S en tête) sont recommandés, pour le résultat qu’on connaît. J’ai dû caler le curseur graphique vers le centre (dégradation moyenne donc) pour que l’appli ne rame pas. Je comprends que ce soit optimisé pour la plateforme Tegra, mais il y a des limites au favoritisme.
Ca doit être beau et lisible sur du 1024×600 (Galaxy Tab) ou plus, mais pas en dessous. Problème : certaines « ardoises » (souvent low cost) affichent du 800×480. Tout comme des appareils équipés de la plateforme Tegra 2. Je ne veux pas voir ce que ça donne, j’ai eu ma dose de navrant.
Souhaitez-vous de continuer lire la critique? Yes – No
La (demi) régionalisation est bien le pire dans ce jeu. Les menus sont mal écrits, les textes qui dépassent font comprendre que seul l’anglais était prévu, les vidéos et le tutoriel sont en shakespearien sans sous-titre et les expressions sont mal traduites. Pire, la moitié des fonctions ne le sont tout simplement pas.
Un travail bâclé qui nuit réellement à la compréhension de l’action, perdus que nous sommes entre l’anglais, les anglicismes, les traductions Google et le français légitime. Un exemple ? La « boîte à éléments », c’est l’inventaire.
Il est impossible de passer en version anglaise, le menu d’options anémique (et ironiquement omniprésent) ne le propose pas. Et je ne me sens pas l’âme de trifouiller mon portable pour ce jeu.
Ne gaspillez pas votre argent, jouez à PewPew
A côté de cette production râlante et coûteuse, l’herbe est bien plus verte. Jean-François Geyelin, un Français qui semble beaucoup s’ennuyer, a créé PewPew, shoot em’up en cadre fermé, hommage assumé à Geometry Wars (lui-même hommage aux années 80, musique incluse). Quatre modes de jeu sont disponibles, mon préféré étant le Megagore.
Dans ce mode, vous vous retrouvez donc dans une arène aux graphismes fil de fer vectoriels du plus bel effet, à éviter les « serpents », cubes et étoiles lancées parl’explosion de ces derniers en cherchant des boucliers qui vous feront supporter un impact supplémentaire. Si vous survivez au déluge de traits, cubes et étoiles et atteignez 10 000 points, une nouvelle vie vous est offerte. Vous pouvez même regarder des replays de vos high scores.
PewPew est fun, immédiat, fluide et surtout gratuit sans la moindre publicité. Il se paie même le luxe d’avoir des contrôles tactiles bien pensés, un « stick » servant aux déplacements, l’autre à la visée. Du Geometry Wars je vous dis.
Ceci est un clip, avec un rocker moustachu à lunettes dedans
Je suis en pleine période « rock décomplexé », donc je redécouvre les oeuvres de Tenacious D et Eagles of Death Metal. Voici donc le clip de I Want You So Hard des EODM, featuring le frontman de Tenacious D, Jack Black. Enjoy.
Sinon moi ça va.





